L'agriculture biologique est un système de production agricole spécifique qui exclut l'usage d'engrais et de pesticides de synthèse, et d'organismes génétiquement modifiés.
Il s'agit d'un système qui gère de façon globale la production en favorisant l'agrosystème mais aussi la biodiversité, les activités biologiques des sols et les cycles biologiques[1].
Les agriculteurs qui pratiquent ce type d'agriculture misent, par exemple, sur la rotation des cultures, l'engrais vert, le compostage, la lutte biologique, et le sarclage mécanique pour maintenir la productivité des sols et le contrôle des maladies et des parasites. Les méthodes biologiques sont étudiées en agroécologie.
L'agriculture biologique peut être considérée comme une des approches de l'agriculture durable[1], la différence étant que l'épithète « biologique », ou son abréviation « bio », implique une certification attribuée correspondant à des normes et à des cahiers des charges, et que le mot est, souvent, légalement protégé. Plusieurs labels internationaux de reconnaissance pour ce type d'agriculture ont été définis, dont le Label AB. Dans le monde, environ 31 millions d'hectares sont consacrés à l'agriculture biologique[2].
Le label [modifier]
L'agriculture biologique est réglementée au niveau international et définie légalement par de nombreux pays. Ces réglementations sont généralement basées sur les normes de la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM)[3], association internationale coordonnant les organisations actives dans le secteur bio. Les cahiers des charges du Label AB ne portent pas sur la qualité des produits, mais sur le respect de l'environnement. Néanmoins, les recherches du Professeur Henri Joyeux, comparant agriculture biologique, raisonnée, et conventionnelle tendent à montrer que les aliments issus de l'agriculture biologique sont d'un point de vue nutritionnel qualitativement supérieurs à ceux de l'agriculture conventionelle[4]. On parlera aussi d'achats durables pour les clients (entreprises, entités publiques et particuliers) achetant des produits biologiques.
Fondements [modifier]
Le mouvement de l'agriculture biologique s'est constitué en réaction à l'avènement de l'agrochimie, au milieu du XIXe siècle, et surtout au développement de l'usage des engrais minéraux issus de la chimiosynthèse, dans les années 1930.
On considère usuellement comme ses fondateurs Albert Howard, Rudolf Steiner, Hans et Maria Müller, Hans Peter Rusch, Masanobu Fukuoka, pour ne citer qu'eux.
L'apparition de l'agriculture biologique s'accompagne de nombreuses critiques sur l'évolution de la pratique agricole. Sont notamment critiqués :
L'abandon d'une vision holistique (ou holiste) de la Nature et de la croyance en une Nature bienveillante,
Le rejet des pratiques traditionnelles et du rôle prépondérant de l'humus (notamment chez Howard et Fukuoka),
La dégradation des liens sociaux et des libertés paysannes, suite aux restructurations du XIXe siècle et au développement des grands groupes agro-industriels (Müller),
Le développement d'une vision réductionniste et utilitariste du monde aux dépens d'une relation plus spirituelle avec celui-ci, et le désenchantement qui accompagne ce rapport au monde (Steiner, Fukukoa),
L'autorité d'une science agronomique confinée au laboratoire et détachée des réalités du terrain (Howard, Fukuoka),
La prédominance des intérêts financiers et commerciaux dans la conception des exploitations agricoles et dans les développements technologiques, généralement aux dépens de la fertilité du sol (Howard, Müller, Fukuoka).
Le rejet des produits de synthèse dans la production agricole et la volonté de produire des aliments de bonne qualité ne constituent ainsi, historiquement, que les aspects les plus superficiels du mouvement.
Comme équivalent anglophone (Organic farming), l'expression francophone Agriculture biologique apparue vers 1950 est, au sens littéral, un pléonasme car il n'existe pas d'agriculture non biologique ou non-organique. Mais elle a été choisie pour différencier cette agriculture des systèmes de production agricoles faisant appel aux intrants chimiques (engrais), aux pesticides dits « phytosanitaires » (tels que herbicides, insecticides ou fongicides, hormones de synthèses, antiparasitaires...), car polluants[5] pour la santé et l'environnement et ne participant pas à ce que l'on appellera par la suite une agriculture durable.
Bien que l'utilisation massive de la chimie en agriculture soit relativement récente, on la désigne souvent comme agriculture conventionnelle face à l'agriculture biologique.
L'agriculture biologique est en plein développement[6] et comprend tout un éventail de techniques allant de la micro-agriculture biointensive et la permaculture à des pratiques agricoles fondées sur une vision occulte ou ésotérique de la nature comme l'agriculture biodynamique qui prend en compte le cycle des saisons, le cycle lunaire et des planètes de façon très précise afin d'augmenter le rendement des cultures et de permettre leur développement de manière naturelle et plus efficace.
L'agriculture biologique dans le monde [modifier]
Une Conférence internationale ONU/FAO de mai 2007[7] sur l'agriculture biologique et la sécurité alimentaire a conclu qu'à l'échelle mondiale, l'agriculture biologique, si elle est soutenue par une volonté politique, peut :
contribuer à la sécurité alimentaire, dont celle des pays riches également menacés par la crise des énergies fossiles, les changements climatiques et certaines faiblesses de la chaîne alimentaire ;
atténuer les impacts de nouveaux problèmes, tels les changements climatiques, grâce à une fixation améliorée du carbone du sol et une meilleure résilience) ;
renforcer la sécurité hydrique, par exemple la qualité de l'eau, de moindres besoins en irrigation, la restauration humique du sol, de meilleurs rendements en cas de stress hydrique dû aux aléas climatiques ;
protéger l'agrobiodiversité, et en garantir un usage durable ;
renforcer la suffisance nutritionnelle, par la diversification accrue des aliments biologiques plus riches en micronutriments ;
stimuler le développement rural, notamment dans des zones où le seul choix est la main d'œuvre, grâce aux ressources et savoirs locaux.
Le Président de la Conférence a souhaité la constitution d'un réseau international de recherche et de vulgarisation en faveur de l'agriculture biologique et des sciences agroécologiques, en estimant que plus d'argent et moyens publics devraient y être consacrés. Il estime aussi que les mêmes règles devraient être appliquées à tous.
Toutefois, le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a fait le point sur la confusion entretenue sur cette conférence et la position de la FAO. En effet, s'il constate que l'agriculture biologique peut contribuer à la lutte contre la faim dans le monde, il n'en reste pas moins que selon lui, seule l'utilisation de produits phytosanitaires chimiques ou de synthèse, de manière judicieuse, est à même de la combattre[8].
Production mondiale [modifier]
Elle dépassait en 2007 les 31 millions d'hectares, avec de fortes variations régionales.
Surface cultivée bio par continent (en millions d'hectares)réf. à confirmer : [9] Amérique du Nord Amérique du Sud Europe Afrique Asie Océanie
2,2 5,8 6,9 0,9 2,9 11,8 JE SUIS D'ACCORD LE BIO C'EST TRES CHER MAIS SI TOUS LE MONDE EN ACHETAIT UN PEU NOUS ECONOMISERONS DEJA BEAUCOUP.