Commerce contrôlé, espèces protégées
Chaque semaine, des touristes se voient confisquer leurs souvenirs de vacances aux
aéroports suisses et doivent en plus s'acquitter d'une amende. Pourquoi ? Parce que
le produit en question a été fabriqué à partir d'une des 33 000 espèces de faune ou de
flore sauvages menacées d'extinction et protégées par la Convention de Washington
(CITES) qui réglemente leur commerce. Depuis plus de trente ans, la CITES garantit
une utilisation durable de ces espèces, avec succès. Quel est le rôle de la Suisse?
1 500 000. C'est le nombre d'articles en cuirs de reptiles importés en Suisse dans le cadre
de la CITES et, pour la plus part, ré-exportés peu de temps, après avoir été montés sur des
montres neuves. L'industrie horlogère et des articles de luxe font de la Suisse un important
pays de transit pour les cuirs de reptiles. Les contrôles CITES contribuent à la conservation
des espèces de reptiles menacées à l'échelle du globe. En tant qu'Etat dépositaire de cette
convention, la Suisse doit donner l'exemple en la matière.
L'intérêt du public se porte souvent sur les animaux vivants plutôt que sur les produits – à
l'exception peut-être de l'ivoire. Pourtant, les animaux vivants ne représentent qu'une petite
partie) des importations CITES en Suisse (environ 6%). Depuis 1976, seuls quelque 200
envois d'animaux protégés sont importés en Suisse chaque année. Si le nombre de lots est
resté constant au fil des ans, le nombre d'animaux importés est aujourd'hui cinq fois inférieur
à celui d'il y a 20 ans. Les problèmes observés aujourd'hui sont plutôt de l'ordre de la protection
des animaux que de la conservation des espèces.
Pourquoi ce recul? Le nombre d'oiseaux et de mammifères vivants importés est resté constant
; les importations d'amphibiens ont augmentées. La raison de ce fort recul est à chercher
du côté des reptiles, qui représentaient, et de loin, le gros des importations des années
passée. Pour les tortues terrestres par exemple, un tout petit nombre est encore importé –
principalement parce qu'elles sont élevées en Suisse aujourd'hui.
Un lot sur 13 ne remplit pas les conditions d'importation
Grâce à la CITES, la protection des espèces au niveau mondial se fait à la frontière suisse. Il
est fréquent que des lots présentés au contrôle soient contestés, parce qu'ils ne sont pas
conformes aux exigences légales. Un lot sur 13 en moyenne ne remplit pas les conditions
d'importation, mais les non-conformités peuvent souvent être corrigées en remettant les documents
requis dans le délai légal de 30 jours. Il arrive aussi régulièrement que de la marchandise
doive être confisquée et que son propriétaire initial soit puni d'une amende. En
2006, c'était le cas pour près de 300 produits – dont la moitié avaient été rapportés de vacances
par des touristes qui ignoraient qu'ils étaient soumis aux dispositions de la CITES.
Hit parade des marchandises confisquées en 2006 à la frontière suisse:
Les plus fréquents:
Bracelets de montre en cuirs de reptiles (>200)
Plumes d'oiseaux (63)
Autres articles en cuirs de reptiles (42)
Objets en ivoire (35)
Oiseaux empaillés (7)
Les plus problématiques:
Objets en ivoire (35)
Carapaces de tortues (1)
Caviar (37 kg)
Embargo 29 mai 2007 12h00
2/4
Peaux de léopards (1)
Peau de l'ours brun (1)
Les plus précieux:
Défenses d'éléphant (2)
Statuettes et bijoux en ivoire (33)
Sacs à main en cuirs de reptiles (16)
Caviar (37 kg)
Carapaces de tortues (1)