On estime le nombre de lichens à 17 000 espèces environ. Mais une centaine de nouvelles espèces sont décrites chaque année.
Les champignons impliqués dans la symbiose lichenique représentent environ 1/5 de l'ensemble des champignons actuellement connus. Seulement 2 % des phytobiontes sont clairement identifiés car les caractères morphologiques et les structures sexuées sont considérablement modifiés par la symbiose. Il s'agit souvent d'algues vertes (chlorophytes). Sur 200 espèces au total, une seule espèce d'algue jaune et rouge existe.
Résistance aux conditions extrêmes
Les lichens ont la capacité de résister à de très fortes dessiccations. Certains lichens peuvent vivre avec une teneur en eau de 2 % .Ils sont aussi capable de se réhydrater. En général les lichens contiennent beaucoup d'eau (100 à 300 % par rapport à la matière sèche du lichen).
La résistance hydrique des lichens provient surtout du mycobionte qui sécrète des polysaccharides autour de l'hyphe créant ainsi une zone qui piège l'eau sous forme colloïdale. De plus les lichens stockent des polyols, qui servent de réserve d'eau. La reprise du métabolisme après une sécheresse est très rapide. Le lichen retrouve ses capacités métaboliques de 5 à 30 minutes après une réhydratation.
Les lichens peuvent également survivre à des variations de température importantes pouvant aller de -70 à +70 °C.
Répartition des lichens
Beaucoup d'espèces sont pionnières, capables de coloniser des milieux extrêmes. Ils ont des croissances très lentes de l'ordre de quelques millimètres par an. Par exemple, le Rhizocarpon geographicum est un lichen qui a une croissance de quelques centièmes de millimètres par an.
Les lichens vivent très longtemps. Cette caractéristique permet notamment de dater leur support par le rapport taille et vitesse de croissance.
8 % des écosystèmes terrestres sont dominés par les lichens. Par exemple, ils représentent 65 % de la flore à la limite du désert polaire arctique.
Une plante sans frontière, colonisant le cercle polaire connaissant un court été, tout aussi bien que le nord des forêts tempérées. Les régions humides parfois sèches plus au Sud ont leurs variétés de lichens...
Intérêt écologique
Dans l'écosystèmes les lichens sont une source importante de nourriture pour de nombreuses espèces, y compris parfois pour de grands mammifères (rennes ou Caribou en particulier). Certaines chenilles de papillons nocturnes (noctua promissa, noctua sponsa, noctua nupta (= Catocala nupta) étaient autrefois dites « lichenées » ou « likenées » parce qu'elles se nourrissent des lichens qui poussent sur les arbres[2].
Ils jouent aussi un rôle important en captant les particules de l'air et des pluies, contribuant à l'épuration permanente des milieux et au recyclage des éléments. Dans les milieux minéraux ils sont le premier stade avant l'apparition des mousses et d'humus. Les lichens se nourrissent de ce que leurs apportent l'air et les eaux météoritiques et les particules, excréments, pollens, etc. qu'ils peuvent intercepter et capter. Ils sont capables de faire des réserves et d'accumuler des composés minéraux, bien au-delà des besoins de leur organisme. Cette accumulation est extra-cellulaire et se fait par le mycobionte.
avantage : réserve d'éléments comme le phosphore.
inconvénient : accumulation d'éléments toxiques, voire de radionucléides (par exemple après les essais nucléaires dans l'air ou après la catastrophe de Tchernobyl.
Indicateur de pollution : Leurs besoins en sels minéraux sont assez limités car les lichens sont de faibles consommateurs et peuvent provisoirement stopper leur croissance. Ils se nourrissent à partir de l'atmosphère (minéraux sous forme de solutés dans les eaux de pluie). Les lichens ont aussi la possibilité de solubiliser des éléments minéraux du substrat en excrétant par l'intermédiaire du champignon des acides organiques.
Les lichens concentrent notamment les métaux lourds et certains acides, ce qui peut entraîner leur mort. C'est pourquoi une carte de répartition des lichens apporte des éléments sur la localisation de zones plus ou moins polluées.
Et le plus important:
Alimentaire
Lichen à caribou, Parc national des Grands-Jardins, QuébecAlimentation des rennes : Cladonia rangiferina est la nourriture essentielle du renne et du caribou
Au Canada d'immenses troupeaux de caribous lui doivent leurs survie, durant les longs mois d'hiver. En toundra ou en forêt tempéré du nord, c'est une nourriture apprécié du caribou, de l'élan d'Amérique (orignal) et de certains autres animaux à l'occasion. Plusieurs variétés de lichens sont comestibles pour ces derniers, juste un choix de préférence, souvent dû pour certains aux choix de pâturage, aux saisons.
En Suisse Evernia divaricata a été longtemps utilisé pour nourrir les chèvres en mauvaise saison.
En Asie (Crimée, Iran...), Lecanora esculenta ou « Manne du désert » est couramment consommée par les paysans comme par les animaux. On a même prétendu que la manne du désert de l'Ancien testament de la Bible pourrait lui correspondre.
Enfin quelques espèces sont utilisées comme émulsifiant et épaississant dans l'industrie agroalimentaire.